Mon quartier

Certains disent que Montréal est une ville impersonnelle, où l'on passe inaperçu, où les gens ne se parlent pas, ne se regardent pas.

Pour moi, Montréal c'est un tas de petits villages collés ensemble. Dans mon village, on se parle, on se salue, on discute, on prend un verre, les enfants s'amusent ensemble.

Notre famille a emménagé dans un nouveau quartier l'année dernière. Notre nid était encore vide, nous étions seulement venus sentir notre nouveau chez-nous lorsque nous avons entendu cogner à la porte. Trois fillettes étaient là et nous regardaient ma fille et moi: «Allo! On est les voisines, si elle veut, elle peut venir jouer avec nous!»

C'est comme ça que la grande aventure de voisinage a commencé.

Quelques jours après cet épisode de présentations, j'étais assise à la table de nos voisins pendant une fête d'enfants et je me disais: «Quelle chance on a d'habiter ici!» Cette phrase, elle me vient en tête tous les jours. Tous les jours, je croise mes voisins et les salue. Au-delà du hochement de tête ou du timide «bonjour», il y a un monde d'humanité à découvrir.

Il y a d'abord toutes les familles avec des enfants qui jouent ensemble. Pendant que les enfants jouent, les grands discutent, échangent... Et finissent, eux aussi, par se rapprocher.  Il y a aussi tous ces gens qui souhaitent simplement être en contact avec d'autres humains. Sur notre rue, un couple a initié toutes sortes d'évènements: la fête des voisins, l'halloween, le restaurant d'un jour, sans parler des apéros de fin de journée!

Ce sont des incontournables pour la plupart des habitants de la rue. Plusieurs ont envie de participer, de mettre la main à la pâte et c'est ça qui crée une ambiance de village. «Je peux t'emprunter ta brouette?» «N'oublie pas de changer ton auto de place, ce soir la ville passe nettoyer la rue!» «Si vous avez besoin d'une gardienne pour vos chats, je suis là!»

C'est un survol très rapide, j'aurai plaisir à vous parler de mon village dans un prochain billet, il a tant à dire. Un vrai désir de se rapprocher et de former une communauté, n'est-ce pas dans la nature de chaque être humain? Quand on regarde les enfants interagir entre eux, c'est tellement simple, tellement naturel, tellement humain.

Pourquoi met-on de côté cette partie de nous quand on est grand?