Gebey expose (et s'expose!)

«Il n'y a pas de hasard» 

J'ai souvent entendu cette phrase quand j'étais coordo dans un centre de yoga. Et je dois dire que je commence vraiment à y croire! La vie nous envoie toutes sortes d'expériences, des belles, des moins belles. Des supers excitantes et d'autres vraiment tough. Mais j'aime penser que notre chemin de vie tend à nous mener où nous devons aller. La preuve, cet été, un fortune cookie me l'a rappelé ( ! ).

 
fortune_cookie
 

   

Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous
— Paul Éluard

 

Merci Paul. En ce moment, je dirais que la vie m'envoie des rendez-vous. Voilà.

Donc, comment me suis-je retrouvé en quelques jours à me préparer pour exposer? C'est très simple: je prenais mon café tranquillement à l'Apothicaire sur St-Hubert (sur la Plaza, oui madame!) quand le patron est venu installer de petites affichettes qui mentionnaient «cherche artistes pour exposer». J'ai fait ni une, ni deux, j'ai levé les yeux et j'ai dit:

- Ben moi!

Et Charles, le proprio, a dit:

- Ben ok!

Et voilà. Merci bonsoir. J'étais partie pour monter ma première expo à vie. Depuis, j'ai retourné toute cette organisation dans ma tête un minimum de 1000 fois. Comment, quoi, pourquoi - vous savez ce genre de questions. Et voilà qu'en quelques jour, j'ai suivi mon feeling et j'ai mis tout cela en place. Aujourd'hui, j'ai accroché mes illustrations. Et je dois dire que j'en suis satisfaite. Voici en images ce que ça donne, en noir et blanc le making-of.

Voilà.

Si tu passes par la Plaza d'ici Noël, passes voir ma première expo ever. Et si ton chemin ne t'y amène pas, il pourra toujours passer directement par moi, par Etsy ou par Society6 pour mettre la main sur un cadeau - pour toi ou n'importe qui qui aime les illustrations faites avec amour par une artisane montréalaise.

See you later alligator!

Dessine-moi un lapin

Qu'est-ce que tu aimerais faire quand tu seras grande?

En cinquième secondaire, lorsque je suis sortie du bureau de l'orienteur, je me suis dis: «Geneviève, rends-toi à l'évidence, tu ne sais pas en quoi aller au CEGEP mais tu aimes dessiner. Arts plastiques serait probablement un bon début.» Je me suis donc inscrite en arts plastiques.

J'avais 18 ans.

aquarelle

Je trippais fort, tous ces nouveaux médiums à explorer, le monde de l'art s'ouvrait à moi et je ne me lassais pas d'apprendre. Je pouvais passer des journées entières à dessiner, à peaufiner mes projets. J'ai appris pendant ces quelques mois toutes sortes de techniques mais j'ai surtout appris à observer - qualité essentielle quand on dessine. J'ai aussi appris - un peu par la force des choses - à accepter la critique de mes professeurs. Ouch! C'est vers la fin de la première année, lors d'un cours de sculpture (pas ma tasse de thé, je l'avoue) où nous devions recréer le corps d'un modèle vivant en terre glaise que je me suis dit: «Geneviève, c'est pas en sculptant de la terre que tu vas gagner ta vie». Et voilà, c'était fini. Merci, bye. Vite de même.

J'ai maintenant 35 ans.

Pendant toutes ces années, j'ai gardé tout le matériel que ma chère maman m'avait procuré durant mes études en arts comme un trésor. Je l'ai déménagé maintes fois (dont une fois outremer). Parfois même, j'ouvrais mon portefolio pour me souvenir de «ce temps-là». L'envie me prenait alors de refaire des incursions dans ce monde que j'aimais tant mais ça se soldait par un truck d'autocritiques et de jugements rapides. Je me disais que finalement j'avais perdu la main et que c'était bien dommage. Tristesse. 

Ce printemps, j'ai de nouveau eu envie de dessiner mais ça s'est présenté différemment. C'était l'anniversaire de la fille d'une amie qui aime beaucoup les lapins. Comme d'habitude, je suis allé dans une petite boutique que j'affectionne particulièrement. J'y trouve une splendide affiche de lapin. Je me dis que ça y est, j'ai trouvé LE cadeau. Quand je regarde le prix je me dis que bof finalement je n'ai pas tant trouvé... Et il y a cette petite voix - vous savez CETTE petite voix - qui me susurre à l'oreille que je pourrais peut-être essayer, moi, de dessiner un lapin. Justement, nous partons au chalet avec des amis, j'aurais l'occasion de dessiner. J'ai retrouvé un carnet d'aquarelle, ma vieille palette, quelques pinceaux et stylos que j'ai mis avec soin dans ma valise. Quand est venu le temps de sortir mon stock j'ai failli changé d'idée mais ma petite voix, appelons-la Gwendoline, m'a gentiement rappeler que l'idée était de m'amuser à créer un cadeau pour une petite fille que j'adore. Je me suis installée et j'ai dessiné puis peint Lapino.

Les amis avec qui j'étais m'ont fait de bons commentaires, j'ai donc offert Lapino à Margot qui était ravie - et sa maman aussi. Gwendoline avait semé une graine [special thanks Gwendo!]

Un dessin par jour

Cette graine s'est transformée en défi estival: créer un dessin par jour. Un dessin par jour, sans jugement, juste pour le plaisir de dessiner. Pour le plaisir de replonger dans ce monde que j'aime tant. C'est avec fierté que j'ai relevé ce défi.

Certains dessiner sont plus élaborés, d'autres fait en quelques minutes. Certains ont été de véritables prises de tête, d'autres une petite fierté quotidienne. Beaucoup ont fait  appel à ce fameux sens de l'observation, d'autres sont tout droit sortis de ma tête. Bref, je me suis amusée, j'ai pris de le temps de faire quelque chose qui me plonge dans un espace temps unique. Vous savez ces moments où le temps s'arrête et file en même temps? Bref, si vous souhaitez voir les dessins complets, ça se passe sur Instagram ou sur Facebook.

Je peux dire à nouveau que je pourrais passer mes journées entières à dessiner. Après avoir fait ce constat, je me suis dit - où était-ce Gwendoline? - que je devais plonger, que je devais essayer et persévérer. Par où commencer? Et bien par mettre de l'avant mon travail, même si en publiant mes dessins j'ai en même temps le goût de les cacher! Plusieurs m'ont demandé: «qu'est-ce que tu vas faire avec ça?» La réponse est encore floue mais entre mon défi #undessinparjour et maintenant, j'ai sérigraphié 3 de mes illustrations, j'ai ouvert ma boutique Etsy et je travaille à intégrer davantage de stock sur Society6. Et je continue mes activités en graphisme ; )

C'est à l'aube de mes 36 printemps que mon coeur et Gwendo m'amènent doucement vers le chemin de l'illustration... Je vais donc continuer ma route pour voir ce que la vie me réserve.

Est-ce qu'on est grand à 35 ans?

Prendre le temps

Je souhaite commencer ce billet en insérant cette carte de sapling press:

dear_new_year

Ouin. En début d'année, vers le 1er janvier disons, j'ai pris la, euh... résolution, d'écrire davantage sur ce blog. Nous sommes en avril et c'est mon deuxième billet. Bravo Geneviève! Ce petit détour pour vous parler aujourd'hui d'un sujet qui, je pense, devrait être plus présent dans notre quotidien: prendre le temps.  

Prendre le temps.

Prendre le temps de déjeuner le matin. Prendre le temps de bien manger. Prendre du temps avec notre famille. Prendre le temps de marcher. Prendre le temps d'échanger. Prendre le temps pour un café. Prendre le temps de faire son potager. Prendre le temps de dessiner. Prendre du bon temps. Vous savez, le «temps de qualité»? Prendre le temps de vivre. DE VI-VRE!! Si vous avez une petite heure et demie devant vous OU au lieu d'écouter un épisode de votre série préférée, je vous suggère vivement ce film: l'urgence de ralentir. Plusieurs pistes de réflexion sur ce monde qui avance trop vite...

 Gutenberg, c'est lui!

Gutenberg, c'est lui!

J'ai commencé depuis quelques temps un atelier de reliure. Mon amour pour les livres et ma curiosité pour la reliure ont toujours été mais un projet professionnel a accéléré le processus. Je suis donc allé visiter l'atelier de Catherine Gaumerd en début d'année (en même temps que ma résolution, ou presque). L'espace d'un instant, en mettant les pieds dans ce petit local, j'ai cru retourner plusieurs années en arrière, quelques centaines d'années, vers Gutenberg. Vous savez, le temps où on prenait le temps? Notre professeur Catherine nous répète souvent «quand on fait de la reliure, on ne regarde pas le temps». Façon de parler pour dire que pour faire un ouvrage de reliure, il faut s'appliquer, peu importe le nombre d'heures, peu importe le temps que l'on passe dessus, l'idée étant de créer un objet QUI VA DURER. Un autre mot clé, la durabilité. M'appliquer et travailler fort pour fabriquer un objet qui va avoir une longue vie, voilà un concept qui me parle. J'apprends beaucoup de choses avec Catherine... J'apprends par exemple ce qu'est une tranchefile. Sur le site le Moulin du Verger, papeterie artisanale depuis 1539 (!), on y trouve cette définition: «On appelle TRANCHEFILE, une sorte d'ornement en fil, en coton ou en soie de diverses couleurs, quelquefois même en fil d'or et d'argent, qu'on place en tête et en queue d'un livre, du côté du dos. Elle sert, d'une part, à assujettir les cahiers et à consolider la partie de la couverture qui les déborde ; d'autre part, et surtout, à mettre le dos du livre à la hauteur des cartons.»

 C'est elle, la tranchefile!

C'est elle, la tranchefile!

Elle peut prendre la forme d'un ruban que l'on intègre à la reliure. Mais j'ai aussi appris que la tranchefile pouvait se BRODER. C'est beaucoup plus que du macramé, ou une simple broderie... C'est prendre le temps, dans les moindres détails, de s'appliquer pour créer un bel objet. Pour moi, broder sa tranchefile, c'est le summum du raffinement! Les fils de soie sont montés sur de tout petits rouleaux de papier qui seront fixés à la reliure. Ces petits rouleaux, 1 seul artisan français les fabriquait. Je parle au passé car il est maintenant au ciel et a amené avec lui son secret. Les cordes de guitares ont détrôné les petits rouleaux: plus résistantes et ce n'est pas demain la veille qu'il y aura pénurie. J'avoue que l'idée d'imaginer cet homme dans son atelier qui roule du papier à longueur de journée pour les relieurs de ce monde m'a fait sourire...

Il devait prendre le temps, lui.

Il y en a d'autres qui prennent le temps: les enfants, nos enfants! Peut-être que c'est aussi simple que ça finalement: se mettre au rythme des enfants?

Bon printemps! -- prenez le temps de regarder les bourgeons poussés

enfants_heureux

 

Plus de photos par ici!

Janvier 2016 ou le passage…

2015 a été enrichissante, transformatrice & SURPRENANTE.

Cette année était la toute première de gebey. Elle restera longtemps (toujours?) gravée dans ma tête comme un moment charnière.

J’ai eu la chance de travailler sur des projets stimulants, qui ont su aller chercher cette créativité qui s'était un peu planquée. Cette année était pour moi un retour à la création, à la «matière», au plaisir de voir se transformer une feuille de papier, à l’excitation et la fierté de voir se concrétiser un projet mais surtout SURTOUT au grand bonheur d’évoluer aux côtés de personnes exceptionnelles, uniques. Vous savez, ces gens qui craquent l’allumette de l’idée, qui ont ce don de montrer la bonne voie, au bon moment, avec les bons mots. 

MERCI à tous ces gens formidables qui ont croisé ma route en 2015

Je ne m’éterniserai pas ici sur tout ce qui est passé entre mes mains ou à travers l'écran de mon ordinateur au courant de la dernière année mais, en ce début d’année 2016, je tiens à partager avec vous quelques-uns de ces moments.

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Le 81e congrès du PEN International*

 Chaise hommage à Djibril Hamet Ly

Chaise hommage à Djibril Hamet Ly

PEN International a été «fondé en 1921 et rassemble aujourd'hui plus de 25 000 écrivains, journalistes, poètes ou essayistes qui défendent la liberté d'expression écrite. Il propose une tribune aux écrivains, qui peuvent discuter librement de leur travail et s'exprimer au nom des écrivains réduits au silence ailleurs dans le monde».

Je ne savais pas dans quelle aventure je m'embarquais lorsque l'on m'a proposé de faire partie de l'équipe du 81e congrès du PEN International.

«Une belle cause, un beau défi» me suis-je dit. Effectivement.

Un congrès du PEN, c’est, pendant quelques jours une ville qui se transforme en «capitale de la littérature». Cette année, le congrès se tenait à Québec. Cette année, 270 écrivains de 84 délégations et de 73 pays étaient présents. J'ai rarement senti autant d'humanité, c'était mémorable. Un sentiment que quelque chose de grand se passe... Et à ma manière, j'y ai participé.

Pour gebey, c’était :

  • un sac et une écharpe sérigraphiés avec quelques vers de Gaston Miron. Pour l'occasion, j'ai rencontré Iris de l'atelier La Bourgeoise Sérigraphe, c'est elle qui a produit le sac. Elle m'a même donné le goût de suivre un cours pour mieux comprendre ce qu'est la sérigraphie... Ce que j'ai fait en novembre! Et Emmanuelle de Foutu Tissu qui nous a suivi à travers le projet (un peu fou, il faut le dire!) de créer de A à Z une écharpe. Deux belles aventures!!
  • la production d’un programme trilingue
  • une cocarde incluant une micro carte de la ville, navettes, numéros d’urgence et condensé du programme
  • des macarons, un carnet de notes, des centaines d’impressions (dont les plus grandes de ma vie!!) et bien d'autres!

Pour les plus curieux, voici ce que les médias ont dit du 81e congrès de PEN International. Et pour les encore plus curieux, voici quelques clichés + vidéos de l'évènement. Pour les insatiables - ou très intéressés ;) - voici le vidéo de la conférence de presse de clôture qui résume bien ce qui se passe lors d'un tel congrès. 

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Les fillettes

Un projet un peu fou.

En résumé (car l'expérience se passe sur plusieurs mois!!!), un restaurant où j'ai travaillé il y a des années (le Paris Beurre, snif!) change de mission, un nom et une nouvelle identité visuelle doivent être trouvés. Un soir, autour d'un verre un des copropriétaire et des amis brainstorm et trouve le nom: Les Fillettes. Pour ceux et celles qui l’ignorent, la fillette est aussi une bouteille originaire de la Loire contenant 37,5cl, de vin par exemple ; ) 

Ma douce moitié me mets au défi: pourquoi n'essaierais-tu pas de créer un logo?Après quelques heures avec crayons et papier, je griffonne cela... ou presque! 

logo_fillette

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Il y a eu aussi, Voie Boréale (affiches + flyer) , JF houde (logo + carte d'affaires), La ligne courbe (logo + carte d'affaires), Suzanne Ross (affiche & document d'information pour une retraite de yoga). Vous trouverez quelques clichés de ces projets par ici

Et même, une inspiration de fin d’année pour un calendrier!

Merci à vous tous, grâce à vous, je replonge dans le merveilleux monde de la création !

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* poètes, essayistes, nouvellistes – romanciers

Photos: © Virginie Tardif

La beauté des petits et grands moments de voyage

Dans ce billet un peu particulier, l’envie me prend de vous parler de beauté.

En cet unique été 2015, nous expérimentons pour la première fois les vacances scolaires. Qui dit vacances scolaires dit congés, qui dit congés dit activés pour occuper l'Enfant, qui dit activités, dit... Bref, après une - courte- réflexion, mon mari et moi avons opté pour les Grandes Vacances. Comme beaucoup d'expatriés (lui pas moi!), la balance a penché vers les vacances en famille de l'autre côté de l'océan Atlantique. Depuis quelques temps, je surfe entre les rencontres familiales, les escapades et découvertes, le tout ponctué de moments studieux devant mon ordinateur. J'apprécie dans toute sa dimension les joies du travail à distance. Bref, en pensant au billet que je suis en train d'écrire, le mot «beauté» m'est revenu plusieurs fois en tête, «beauté» au sens large, au sens large et figuré...

Et comme vous commencez à me connaître un peu: au sens humain du terme.

La beauté est partout.

 // pêches du jardin //

// pêches du jardin //

Oui mais... Dans mon quotidien j'aurais tendance à dire qu'elle se révèle différemment, altérée par le tourbillon de la vie qui nous emporte parfois. Comme si, le seul fait de quitter notre nid, ne serait-ce que pour un week-end, nous transporte ailleurs, au pays des merveilles. Au pays de l'émerveillement. Vous savez cet émerveillement que nous avons tous connu enfant? Une coccinelle. Un nuage. Un lapin. Un gâteau au chocolat. Bon, vous voyez le genre? Ces petits et parfois un peu plus grands bonheurs, instants figés dans le temps qui nous font dire «Ah! que la vie est belle» comme dans la chanson de Brigitte Fontaine. Ou dans celle de Moustaki, ici reprise par Stacey Kent. Ou encore dans ce petit bijou de Philippe Delerm La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules.

Ces dernières semaines, je me sens envahie de toutes parts par une vague de beauté, partout où je pose mes yeux, tout ce que mes papilles goûtent, tout ce que mes mains touchent et toute cette belle humanité qui nous entoure. Les gens, encore et toujours. Les rencontres humaines. Qui se traduisent parfois par un simple sourire. Ou encore par un court échange: d'où on vient, qu'est-ce qu'on fait dans la vie. Et même, quelques fois, certains de ces moments se poursuivent et des liens se créent naturellement, humainement.

 Aujourd'hui...

Aujourd'hui...

 20 ans plus tôt...

20 ans plus tôt...

On dit souvent que c'est dans de petites choses que se trouve le bonheur. En dehors de son nid, il est parfois plus facile d'expérimenter le sens de cette affirmation. Les découvertes, les lieux inconnus, que l'on foule pour la première fois. Un rayon de soleil, une sensation de légèreté.

 // nature morte //

// nature morte //

Un moment parfait... Mais tellement éphémère! Parfois juste le temps de s'en rendre compte. D'autres fois à peine plus longtemps. J'aimerais tellement mettre ces moments en bouteille et «les ouvrir» quand j'ai un petit coup de blues

Je vous mets un échantillon de ces moments captés -ici- ces dernières semaines.

Je vous en souhaite plein pour la fin de l'été et pour la rentrée.

Pour ma part, je tente de croquer ces petits bijoux de la vie et de les partager sur mon compte Instagram avec vous...

À bientôt!

Les ruelles [ou ces petits bijoux montréalais]

J'aime les ruelles. 

Dès que j'en ai l'occasion, j'y passe. 

Selon Wikipedia, une ruelle est un passage de desserte parallèle aux rues sur laquelle donne la cour arrière des maisons. Il s'agit d'un élément caractéristique de l'urbanisme montréalais des années 1890-1930. La ville compterait près de 450 km de ces chemins à découvrir.

Montreal-ruelle.jpg

Il y a une vie parallèle à la rue dans les ruelles: le jour, les bruits de vaisselle, un chat qui se prélasse au soleil, un bébé qui pleure, des enfants en vélo qui s'inventent un monde, les vêtements qui sèchent sur la corde à linge... Parfois, on peut entendre de drôles de conversations, entrevoir une scène de ménage, y faire des découvertes surprenantes... 

La nuit, dans la pénombre, à la lueur de bougies ou sous les lampadaires, le décor et l'ambiance changent. Ça se transforme en éclats de rire, en fêtes, en chats qui miaulent, en amoureux qui s'embrassent à l'abri des regards. Parfois, la nuit au centre-ville, on n'a pas envie de savoir ce qui s'y passe dans les ruelles. Le côté noir de l'humain s'y retrouve, comme s'il fallait un contraste aux rues hyper animées à deux pas. 

Il y a les ruelles vertes, d'autres qui ressemblent à une dompeà une jungle, à un match de hockey, au paradis...

450km de ruelles... Tout un monde à découvrir.

La face cachée de Montréal!

Et à Lyon, ma ville d'adoption, il y a les traboules... Je vous en parle très bientôt!

Mon quartier

Certains disent que Montréal est une ville impersonnelle, où l'on passe inaperçu, où les gens ne se parlent pas, ne se regardent pas.

Pour moi, Montréal c'est un tas de petits villages collés ensemble. Dans mon village, on se parle, on se salue, on discute, on prend un verre, les enfants s'amusent ensemble.

Notre famille a emménagé dans un nouveau quartier l'année dernière. Notre nid était encore vide, nous étions seulement venus sentir notre nouveau chez-nous lorsque nous avons entendu cogner à la porte. Trois fillettes étaient là et nous regardaient ma fille et moi: «Allo! On est les voisines, si elle veut, elle peut venir jouer avec nous!»

C'est comme ça que la grande aventure de voisinage a commencé.

Quelques jours après cet épisode de présentations, j'étais assise à la table de nos voisins pendant une fête d'enfants et je me disais: «Quelle chance on a d'habiter ici!» Cette phrase, elle me vient en tête tous les jours. Tous les jours, je croise mes voisins et les salue. Au-delà du hochement de tête ou du timide «bonjour», il y a un monde d'humanité à découvrir.

Il y a d'abord toutes les familles avec des enfants qui jouent ensemble. Pendant que les enfants jouent, les grands discutent, échangent... Et finissent, eux aussi, par se rapprocher.  Il y a aussi tous ces gens qui souhaitent simplement être en contact avec d'autres humains. Sur notre rue, un couple a initié toutes sortes d'évènements: la fête des voisins, l'halloween, le restaurant d'un jour, sans parler des apéros de fin de journée!

Ce sont des incontournables pour la plupart des habitants de la rue. Plusieurs ont envie de participer, de mettre la main à la pâte et c'est ça qui crée une ambiance de village. «Je peux t'emprunter ta brouette?» «N'oublie pas de changer ton auto de place, ce soir la ville passe nettoyer la rue!» «Si vous avez besoin d'une gardienne pour vos chats, je suis là!»

C'est un survol très rapide, j'aurai plaisir à vous parler de mon village dans un prochain billet, il a tant à dire. Un vrai désir de se rapprocher et de former une communauté, n'est-ce pas dans la nature de chaque être humain? Quand on regarde les enfants interagir entre eux, c'est tellement simple, tellement naturel, tellement humain.

Pourquoi met-on de côté cette partie de nous quand on est grand?

Premier billet... Les présentations!

On fait parfois de grands [dé]tours dans la vie.. Elle nous balade la vie, pour parfois nous faire revenir au point de départ de quelque chose qu'on croyait terminée. 

Je me suis toujours demandée ce que «j'allais faire dans la vie». Depuis les premiers tests d'orientation au secondaire jusqu'à tout récemment. J'ai eu ce que certains pourrait appeler une révélation. Il me vient en tête l'image d'un petit bonhomme qui part d'un point et qui y revient après avoir fait un grand tour... Un peu comme ça:


Ouais.

Après avoir passer des tests d'orientation et avoir cogité sur le sujet -bien trop- longtemps, je me suis retrouvée en arts plastiques au Cégep du Vieux Montréal. Une certitude: j'aime dessiner donc pourquoi ne pas aller en arts! Après une année à apprendre à utiliser différents médiums et toutes sortes de techniques artistiques, j'en suis venue à l'évidence: je n'étais pas une artiste. En tout cas, pas comme ça. Je n'allais pas gagner ma vie en peignant des nus ou en sculptant un bout de bois. C'est À CE MOMENT que j'ai choisi le graphisme, un savant mélange d'arts, de communication et d'un paquet de choses que je souhaitais explorer. 

Je me suis é-cla-tée pendant 3 ans. Je me suis découvert une passion pour la typographie (que je n'ai jamais perdu d'ailleurs), j'ai trippé à monter des expos, à passer des heures - des jours!- sur des projets afin d'atteindre l'idée que j'avais en tête. J'aimais même tous ces logiciels magiques -et, disons-le, parfois arides- qui me permettaient de transformer une photo, de réaliser des trucs qui m'auraient pris plusieurs jours à monter à la main au lieu de quelques heures avec mes coups de baguettes technologiques. J'adorais le graphisme.

Les années qui ont suivi m'ont menée à l'université, je ne savais pas plus ce que je voulais faire (mais pourtant j'aimais le graphisme?!) j'ai donc complété un baccalauréat par cumul de certificats. Question d'avoir un parcours un peu plus atypique! Communications + RH + publicité = baccalauréat es arts. 

En fait, le graphisme a toujours été dans un coin, un peu dans l'ombre de mon parcours professionnel. Ces années d'études au Cégep m'ont servies tout au long de mes expériences: une affiche par ci, une carte d'affaire par là, un dépliant, un site. À l’occasion de ce détour, on m’a dit: «C'est comme si tout ce temps, tu étais assise dessus». Exact. Assise dessus. Confortablement. Pendant des années! Ah! La vie! C'est tout récemment en réalisant quelques projets de mise en page pour une cliente que l'idée a germée... Je travaillais et je n'avais pas l'impression de travailler. Cette idée a fait son chemin dans ma tête, au bout de mes doigts... Jusqu'ici... Jusqu'à vous!

Bienvenue dans mon monde gebey

Un grand merci à tous ceux et celles qui, un peu malgré eux, ont planté des graines dans ma tête qui ont fait pousser cette idée de replonger!